Des vœux matinaux mais participatifs

SUD OUEST

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Des vœux matinaux mais participatifs
Après le discours, les élus pouvaient poser leurs questions à la députée.

PHOTO A. B.

La députée Christelle Dubos a innové pour ses vœux : à la place d’un seul discours, elle a recueilli les doléances des élus.

AUDE BOILLEY

a.boilley@sudouest.fr

Forcément, à 8 heures du matin, ça piquait un peu. Les élus, plutôt habitués aux réunions publiques, vœux ou autres conseils municipaux nocturnes, étaient dabord décontenancés en recevant l’invitation de Christelle Dubos. La députée de la 12e circonscription de Gironde organisait ses vœux hier à 8 heures à l’Aerocampus de Latresne avec un accueil à partir de… 7 h 30. « Au moment de convenir de la date, je me suis rendu compte que toutes les soirées étaient déjà prises par des cérémonies de vœux. Ne restait donc que le matin. Je me suis dit que, quitte à casser les codes, autant le faire jusqu’au bout. »

Certains élus s’étaient fait excuser, travaillant ou « trouvant cela trop tôt ». Sur les 156 maires conviés, une trentaine avaient fait le déplacement. Peu l’ont regretté, même si les débats ont surtout concerné les problématiques des première et seconde couronnes de la Métropole. Si le discours inaugural portait forcément sur des explications et justifications de la politique nationale, la seconde partie a conduit à des échanges construits et constructifs.

1 Quelle compensation pour la taxe d’habitation ?

Depuis le début du mois, rares sont les vœux municipaux qui n’ont pas évoqué le devenir de la taxe d’habitation. Sa suppression pour 80 % des ménages d’ici à trois ans inquiète les maires. « J’ai entendu l’expression de vos craintes », a reconnu Chritselle Dubos. Lionel Faye, le maire de Quinsac et président de la CdC des Portes-de-l’Entre-deux-Mers, a demandé combien de temps durerait la compensation promise et s’il existait des mécanismes de contrôle. La députée lui a répondu favorablement. Elle en a profité pour rappeler que les maires auront toujours la main sur les taux d’imposition. « On parle abusivement de suppression. Il s’agit en fait d’un dégrèvement. Les ménages ne payant plus de taxe d’habitation paieront la différence si vous augmentez vos taux. » Un beau casse-tête en perspective pour les services fiscaux, qui ne peuvent percevoir de sommes inférieures à 12 euros. « Nous avons déjà abaissé ce montant et envisageons de continuer à le faire si besoin », a rassuré l’élue.

2 Quand votera-t-on pour les municipales ?

Difficile d’y voir clair sur cette question. En novembre, le ministre de l’Intérieur estimait « possible » un report d’un an des municipales. Quelques jours plus tard, mise au point : les municipales se tiendront bien en 2020, conformément au calendrier. Interrogée hier, la députée a précisé que rien « n’était encore tranché ». « Pour l‘instant, les municipales auront bien lieu en 2020 et les départementales et régionales, en 2021. »

3 Des quotas de logements sociaux à respecter

Francis Delcros, maire de Latresne, a sondé la députée sur la question des logements sociaux. « Je viens juste de franchir le seuil des 3 500 habitants, qui m’impose d’avoir 25 % de logements sociaux. Or, j’en suis à 3 ou 4 %. Comment je fais ? » L’élue l’a rassuré : « Il a été entendu que les communes qui viennent de passer le seuil devraient avoir droit à un lissage plus facilitant que les communes à qui on demande ces logements sociaux depuis dix ans. »

Frank Monteil, maire de Carignan-de-Bordeaux, a, lui, déploré que les logements sociaux vendus à leurs occupants sortent de ces quotas, « alors que les occupants sont les mêmes et qu’ils ont les mêmes revenus ». Sa demande a été entendue. Les élus de la CdC du Créonnais, Mathilde Feld et Daniel Coz, engagés dans l’élaboration d’un plan local d’urbanisme intercommunal (Plui), ont incité leurs homologues à faire de même. Lionel Faye de surenchérir qu’un Plui permettrait à un territoire de faire un effort en matière de logements sociaux plutôt que de le laisser aux seules communes. Mais ce sujet des Plui est sensible, et beaucoup ne veulent pas en entendre parler…

4 La galère des transports du quotidien

C’est le point noir de la rive droite de la Métropole : les transports. « Là, il faut nous aider. Un permis de construire, c’est deux voitures supplémentaires, a rappelé Francis Delcros. Nous, maires, devons nous regrouper et faire une action commune. » « Nous sommes trois CdC (les plus proches de Bordeaux, NDLR) qui avons les mêmes problématiques. Je vous dis chiche pour que l’on travaille ensemble afin de régler définitivement ce problème », a répondu Daniel Coz. Christelle Dubos a demandé à être intégrée à ces réunions de travail.

Rémi Villeneuve, maire de Saint-Genis-du-Bois, et Marc Avinen, de Sallebœuf, ont mis sur la table la question du « grand contournement ». « Je ne suis pas sûre que ce soit une solution. Quand on crée une nouvelle route, nous avons toujours plus de voitures avec toujours une seule personne dedans. Nous devons nous pencher sur les transports du quotidien et sur la question des poids lourds. »

Jean Merlaut, maire de Baurech, a rappelé que le pont d’Aquitaine avait pour vocation initiale d’être un contournement. « Résultat, on a mis des logements d’un côté et des activités de l’autre. C’est ce qui se passera à nouveau. La réelle question, c’est celle de la mixité des activités et des logements. »

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